En Australie… comme photographe de mariage – le jour J

Après la semaine de préparatifs comptée précédemment, voici enfin le samedi matin, 7h. Alors qu’on a eu un temps clément et doux jusqu’à présent, les nuages sont bas et les premières gouttes commencent à tomber. On se fiera au dicton mariage pluvieux, mariage heureux. C’est parti pour le brunch en ville avec les témoins. Sauf que la dame d’honneur n’est pas encore là car son Italien de boyfriend n’a pas de chaussures pour la circonstance. Pour finir on aura enfiler les eggs & bacon avant qu’ils n’arrivent et ces dames auront filées chez la coiffeuse. Les hommes, eux, avaient prévu de faire du surf, mais le temps est trop mauvais, alors on va chez K Mart pour trouver des chaussures à Alessandro.

Des Guccigabana, parfait pour un mariage

L’après-midi, on glande au Mall avant de se rendre à l’hôtel pour se préparer, ensuite moi je file à la maison pour couvrir les préparatifs de la mariée. A ce stade, je pensais produire plus d’images mais Sarah est quasi prête et je vois qu’elle ne veut pas trop que je lui tourne autours. Tant pis, je prends quelques candids des invités qui arrivent.

Le temps n’a pas arrêté d’être capricieux : les chaises ont été installées sous le porche de la maison, puis déplacées dans le jardin et 5 min avant le début de la cérémonie, à nouveau à couvert. La Go Pro est dans le jardin…

2min avant le début de la cérémonie

Ca y est, le chanteur entame When you say nothing at all et la mariée fait son entrée avec son paternel. Ma position est entre la mariée et le public, puis je remonte l’allée de droite. A ce moment je n’ai pas envie de passer par l’allée centrale. Mais comme le public est tassé sous le porche, je ne peux pas couper au centre à cause de la foutue table qui servira à signer le registre ! Première déconvenue et photos manquées…

Premier regard

S’ensuit un moment plus calme avec des chants et des lectures de versets, j’en profite pour photographier le public. La lumière est tricky : le public est à l’ombre, avec deux côtés murés et deux côtés donnant sur le ciel couvert, donc blanc. Le prêtre m’avait permis d’utiliser le flash sauf pendant les prières mais j’ai pris le pari de travailler sans.
Après 20 minutes, les voeux sont prononcés et les alliances échangées, je me suis positionné dans l’allée centrale, j’ai mes images, je pousse un grand ouf de soulagement.

Echange des alliances dans 1min, concentration maximale

Ensuite je pars sur le côté pour photographier l’autre moitié du public. Dans ma position de photographe, je ne prête pas attention à ce qui se dit et je me concentre sur les émotions du public. En plus le speech est en anglais avec plein de termes religieux que je ne cherche même pas à comprendre. Cependant je saisi au passage « you can kiss the Bride » et moi je suis de nouveau du mauvais côté ! La panique !! Je contourne précipitamment la cérémonie en me sentant comme a little piece of shit et le prêtre lance une vanne sur mon manque de professionnalisme et relance le baiser… C’est pas ma meilleure photo de la cérémonie et j’en suis pas fier, mais j’ai l’image…

Attends, il manque quelqu'un !

Bon, Sarah m’a dit après coup que ça avait eu le mérite de détendre l’atmosphère jusqu’ici respectueuse et pesante de la cérémonie et que tout le monde a ensuite pu se détendre. Je vous parle quand même de la bourde suivante ? Je reçois un sms avec une sonnerie criarde sur le portable que Félix m’a prêté, heureusement qu’il n’est pas tombé pendant la prière et ça a redonné l’occasion au prêtre de balancer sur le photographe. En même temps lui n’était pas en reste non plus : il avait oublié de prendre sa bible !

La sortie de la cérémonie se déroule bien, avec des félicitations, des larmes et des accolades. Ensuite, j’ai une heure pour faire les photos de groupe. Bien sûr la session ne suit pas la liste mais je crois qu’on a oublié personne. Ne pas oublier de shooter en rafale car il y en a toujours un(e) pour cligner des yeux. Le crépuscule tombe vite en Australie, heureusement qu’on est pas trop nombreux et on peut passer à la réception.

Le rôle de la demoiselle d'horreur d'honneur

En tant qu’ami, j’ai bien sur une place au milieu des convives, mais je m’absente fréquemment pour faire un tour des tables bien que ce n’est pas le meilleur moment pour prendre des photos : les gens ont la fourchette dans la bouche, de l’épinard entre les dents et ont juste envie de profiter du délicieux repas.

La suite de la soirée se déroule sous le porche, comme la cérémonie. Celui-ci bénéficie d’un magnifique toit en tôles ondulées alors que la salle est en lambris de bois sombre, du coup je peux en profiter pour bouncer le flash dessus. Au début je fonctionne en iTTL mais j’ai jamais réussi à avoir des résultats décents, que ce soit chez Canon ou chez Nikon, alors je bascule en tout manuel.

La soirée

Dernier moment important de la journée : le lancer du bouquet. Je demande à Sarah de le faire sous le couvert et j’installe un petit setup strobist avec un flash pour la mariée et un pour le public. Après un premier jet trop haut qui rebondit contre le plafond, c’est la petite Lylli qui reçoit le bouquet.

P'tit setup Strobist à 2 flashs pour le lancer du bouquet

Deux jours après, on est parti faire les photos de couple. Devinez quoi ? Temps morose avec des bourrasques jusqu’à 57 km/h… Les deux plus mauvais jours de la semaine ont été celui du mariage et celui des photos de couple !
Mais il faut composer avec les éléments et ça ne nous aura pas forcément desservi. On s’est rendu sur le parvis du musée de Newcastle qui est photogénique à souhait avec de grandes portes, une petite vigne et un endroit couvert avec une jolie lumière diffuse devant un beau mur de briques.

Les photos de couple, mon moment préféré

Et juste à côté, on a trouvé un tunnel à vent dans un hall d’immeuble, une véritable soufflerie ! J’ai sorti la softbox (préférée au parapluie à juste titre), fermement tenue par Eva et le mur gris nous a donné des conditions studio. Il faut juste attendre que le parapluie se retourne et c’est dans la boite.

Un mariage contre vent et marée

Quelle plus belle récompense pour un photographe que d’entendre les gens rire aux éclats ou lâcher une larme en visionnant les photos de l’événement ? Peut-être d’entendre de la part de la mère de la mariée qu’elle ne nous remerciera jamais assez ou le père d’affirmer qu’on fait partie de la famille et qu’on est le bienvenu en tout temps… Alors que c’est moi qui remercie les Thompson ainsi que Félix de m’avoir fait confiance et de m’avoir offert une expérience tellement unique…

Le récit se termine ici, mais pour découvrir plus de photos du mariage, c’est par là.

Régis

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2 réflexions sur “En Australie… comme photographe de mariage – le jour J

  1. Super article ! J’ai moi-même du prendre des photos lors d’une cérémonie de mariage (avec un temps de m….) et y a 1’000 choses que tu contrôles pas, c’est assez stressant. Félicitations en tout cas !

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