ITW // Les Montréalais Benjamin Von Wong et Erwan Cloarec

Desert Queen

J’ai le grand plaisir d’accueillir en interview les Canadiens Benjamin Von Wong et Erwan Cloarec. Ayant eu la chance de les rencontrer en mai dernier à Paris, je voulais à tout prix les passer à la moulinette des questions. Même s’ils n’ont eu le temps de donner suite à ma requête qu’à leur retour à Montréal, ils ont réussi à prendre quelques minutes dans leur agenda surchargé entre mariage, montage, post-traitement et autres occupations. Merci à eux deux, parce que ce sont quand même des types géniaux !

Salut Erwan, qui es-tu ?

Salut, je m’appel Erwan Cloarec, je suis Franco-canadien. 24 ans. Je suis en train de finir un Bachelor en Sciences politiques et Histoire à l’Université de Mcgill à Montréal.

Ta passion pour la vidéo, comment es-tu tombé dedans?

J’adore le cinema et les arts visuels. Ce qui m’attire, c’est la possibilité de raconter des histoires et rassembler des émotions. J’ai vraiment commencé à faire des vrais projets video quand j’étais au lycée. Avec un ami on a fait un court-metrage : ‘‘Le jour de la Masse » dont la production a duré presque un an (écriture, réalisation et montage).
C’était très amateur, mais chaque plan était réfléchis dans un contexte pseudo- philosophique :D. Après ce film j’ai réalisé qu’il fallait que je continue à raconter des histoires à travers le médium de la camera.

Aujourd’hui je me considère toujours amateur, mais j’essaye de rendre un travail plus propre et professionnel.

Est-ce que c’est un hobby plus accessible ou plus ardu que la photo ?

Accessible, oui absolument. Si on parle d’un point de vue matériel, on a pas besoin de débourser des fortunes. Grace à la révolution HDSLR, on peut maintenant faire de la video très pro avec un entrance level camera si on sait comment exploiter son potentiel.

La question touche plutôt l’approche créative. Et à ce niveau la photo et la video ne sont pas comparable :
Je vois ça comme ça: la photo et la video sont deux manières distinctes de raconter une histoire. Un peu comme l’eau est capable d’être vapeur et glace, la photo c’est un peu comme la glace, et la video c’est la vapeur. Ils ont tout les deux les mêmes propriétés pourtant sont indéniablement unique dans leur mouvement dans l’espace.

J’aime faire des films car je suis constamment mis au défi créativement. Que ce soit avant le film, pendant que je filme ou après lors du montage. Je suis constamment en train de me poser la question, ou est l’histoire, ou est l’histoire, ou est l’histoire? 

C’est fantastique car il y a une myriade de manière de raconter une histoire et en même temps c’est difficile car on ne sait jamais si on a réuni tous les éléments nécessaires.

La video c’est 100% préparation et en meme temps 100% improvisation.

This world of mine

A toi Ben, dis-moi quand et pourquoi tu es venu à la photographie ?

Je suis tombé dans la photo un peu par hasard… Je travaillais dans les mines de Nevada comme ingénieur et durant ce temps j’ai eu un beau p’tit breakup avec une jolie demoiselle… Je me suis dit que si je ne me trouvais pas un bon passe-temps, j’allais virer fou. En me demandant ce que j’allais faire j’ai eu l’idée de prendre des photos des étoiles et je me suis pointé au Wal-mart du coin pour m’acheter un Point & Shoot … that was in November 2007.

Comment tu décrirais ton style ?

Rêveur… fantastique.. surréel…

Les Artisans d’azure

Erwan, tu disais que la vidéo est plus accessible financièrement, mais est-ce que ce n’est pas plus difficile en terme d’investissement personnel pour arriver à un (bon) résultat ? J’ai l’impression qu’il est plus facile de sortir une bonne photo qu’une bonne vidéo…

En réalité quand je répondais accessible financièrement, je pense que la photo et la vidéo commencent au même point de départ. Mais plus on veut des belles images plus il faut débourser de l’argent, je pense que c’est pas mal pareil dans les deux cas.
Est-ce que c’est plus difficile en terme d’investissement personnel. C’est dur a dire. Mais certainement je passe énormément de temps derrière la production d’une video, alors qu’une photo peut se faire produire/éditer plus facilement.
Je marche sur des oeufs en répondant à cette question, car je sais combien il y a de travail fourni derrière une bonne photo. Je pense que peut être on pourrait dire que c’est plus difficile, car il y a beaucoup de facteur à prendre en considération. D’un premier abord, la composition, le rythme, les plans dynamique qui font progresser l’histoire. D’un autre, il faut aussi prétendre être magicien. Il faut se mettre dans la peau des spectateurs. Imaginer comment il vont interpréter les scènes et les images. Distraire leur attention de certains détails, les amener là où on considère l’essence de la narration.
Il y a deux choses que je considère très difficile dans une video.
  1. engager les spectateurs, donc les faire participer à la narration.
  2. transmettre des émotions. Je pense que c’est là que réside le plus gros challenge d’un vidéaste et filmaker. Sur internet par exemple, il faut monter son film dans l’idée que si la video est de 3min, il ne faut pas que les spectateurs décrochent dès la première minute. Il faut arriver à transmettre les émotions, l’histoire, le rythme dans un montage qui semble couler sans effort.

Et ce moi de mai, Ben tu as fais ton « Von Wong does Europ », est-ce que tu t’es inspiré de ce qu’ont fait Joe McNally et David Hobby l’année dernière ou tu avais cette idée depuis longtemps ?

Hm… je ne suis pas trop sur d’où vient l’idée. Je ne pense pas du tout que ça vient de Joe et David vu que ce n’était vraiment pas le même but (photographe d’artistes vs. workshops) mais j’ai toujours aimé faire des collaborations localement… donc pourquoi pas une collaboration internationale?

Comment s’est passée l’aventure ?

Super cool malgré l’accident de voiture! Il y a eu des haut et des bas… comme toute adventure mais je dois dire que le projet est pas mal un succès!

Ah oui l’accident de voiture en Slovaquie, avez-vous subi d’autres déconvenues ?

Mmm… ben Erwan a foncé un peu dans un taxi en Espagne… on as raté une 40ène de Polaroids (à 3$ chaque ça revient cher!)… Iya Traore a arrêté de repondre à son téléphone… voila.. mais sinon, aucun gros problème!

Life in the Dead Sea

En tant que Canadien, qu’est-ce qui t’as le plus surpris ou amusé en Europe ?

Que les Français avait la misère à comprendre mon québecois!! haha. Pourtant je n’ai pas de difficulté a vous comprendre… 😛 !
(Ndlr : j’espère que vous vous faite l’accent dans la tête)

Penses-tu que les photographes européens sont différents des Canadiens ou des Américains, dans leur style, approche, ou autre ?

Peut-être vous êtes plus… réservé. Je ne sais pas, mais on dirait que la mentalité européenne est plutôt : Je peux pas, ou je ne pourrais pas. Vous avez un peu plus peur d’aller au-delà, de casser les normes ou franchir les barrières…! Aussi, je pense que le concept de la collaboration est un peu plus dur à accéder!

I believe I can fly

Erwan, comment t’es-tu trouvé mêlé au projet de Ben ?

J’avais acheté mon premier HDSLR, et il fallait que je me garde occupe créativement. Je voulais apprendre vite la photo à ce moment. J’ai contacté plusieurs photographes, et Ben est le seul à m’avoir répondu. En réalité il m’a répondu dans les 15 min qui suivait mon email, et avant que je ne m’en rende compte, j’assistai mon premier photoshoot. J’avais contacté Ben pour améliorer ma photo, mais en réalité je me suis retrouvé à faire de la video!

 Pour ce projet, je pense que c’est venu très naturellement. C’est un mélange de bon timing et d’intérêts communs. Ben est un artiste extrement prolifique qui ne manque jamais d’idées. Personnellement j’avais envie de faire des vidéos-portraits depuis quelques temps. l’ocasion était unique.

Quel a été ton moment favoris du trip?

C’est difficile à dire. J’ai beaucoup trop de moments favoris. Les rencontres peut-être.
Mais si je dois choisir, je dirais que l’Angleterre a été un moment très fort pour moi. J’ai été vraiment impressionné par la personnalité de Dave Reynolds et l’esprit collaboratifs de l’équipe du UWR.

The Underwater Realm

Qu’est-ce qui a été le plus dur?

Le manque de sommeil et les deadlines!! On a rarement eu des jours où il n’y avait rien à faire, si ce n’était pas filmer, conduire, socialiser, transférer, faire des back-ups etc..

Il y a beaucoup de jours où étais tellement épuisé que je devais avoir l’air mentalement idiot…

Ben, avec ta popularité, es-tu passé complètement pro ?

Bof… je me considère déjà à la retraite. Je ne peux pas vivre de ma photo confortablement présentement… Pas avec la quantité que je gagne, donc je me considère toujours comme…un passionné. J’aimerais que ça reste pareil ! Je ne suis pas sur si je veux que la photo devienne une job!

The Agonist – Promo 2012

J’ai vu que tes yeux brillaient devant le D800, et que lovinpix t’avait prêté une tonne de matos. Quel matos possèdes-tu ?

Nikon D700 est mon boitier primaire… après ça j’ai : 14-24 f2.8, 24-70 f2.8, 70-200 f2.8, 85 f1.4. Les Nikkor sont mes lentilles principales. Par la suite j’ai un paquet de petits speedlights et des flash studios de Paul C Buff. Même que j’aimerais bien acheter au moins 50 speedlights pour les mettre partout !

Toi Erwan ?

Mon matos est super minimaliste. J’ai un Canon 7D, avec 3 objectifs. Un Nikon 50mm 1.8 series e pancake, Un Tokina 11-16 f2.8, et un Tamron 17-50 f2.8. Le reste c’est de l’équipement emprunté et sponsorisé.

C’est quoi le truc pour être un bon vidéaste ?

J’aimerais bien le savoir moi même! 😛 Je pense qu’il n’y a pas de formule magique. Faire pleins de projets, accumuler plein d’expérience. Faire beaucoup de montages!
Je pense que l’expérience du montage aide beaucoup à former l’esprit narratif que nécessite la vidéographie.
Mais en même temps mon expérience est limitée. Je pense que je suis tout juste entrain d’apprendre ce que signifie que d’être videaste. J’aimerais entendre ce que le reste de la communauté a à dire là dessus.

Ben, quelle leçon apprise à la dure sur le terrain t’as permise de progresser ?

Don’t date models…

LOL

But no seriously um… it’s going to sound dumb but… when you collaborate with people, feed them. Ca fais une différence!

As-tu quelques anecdotes à nous raconter ou une rencontre particulièrement forte qui t’as marquée depuis que tu as débarqué à Bruxelle ?

Hmmmm only a couple negative ones that might be better not to talk about hahahah 🙂 on’t htink I have much to say!

Midsummer Dream

Toi qu’est-ce que tu retiens de ce voyage en Europe Erwan ?

Pour moi c’était une occasion inouïe de mettre la main à la pâte et travailler sur une multitude de projets, avec plein de gens différents, en un temps très court.

Ce que je retiens, c’est qu’il n’y a rien d’impossible, on peut réaliser n’importe quel projet fou, on vit à une époque où beaucoup de choses sont accessibles. Il ne faut pas hésiter à aller les chercher pour réaliser ses rêves. 

Une dernière chose à ajouter peut-être ?

Le voyage est fini, mais le projet est encore dans sa phase de post production. J’ai hâte de voir le travail final. J’espère que mes vidéos arriveront à retransmettre cette fantastique collaboration avec Ben et tous ces artistes européens ainsi qu’à inspirer la cyber communauté créative autant que je le suis aujourd’hui.

J’ai hâte de voir quels seront les feedbacks de la communauté artistiques du net !

Ballet Jazz Montreal

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