Retour sur expérience : Canon 550D vs Nikon D700

C'est la première fois que je testais et du Nikon et un boitier Full Frame Edit : je suis bête, j'avais essayé un D3 + 400mm l'année passée

Propriétaire d’un Canon 550D depuis deux ans, un ami m’a prêté un Nikon D700 pour couvrir un mariage en Australie. Récit d’un retour sur expérience :

Mais certains ici me diront peut-être que ce comparatif ne vaut rien, que je compare des poires et des patates ou que le matériel ne fait pas le photographe. Aux premiers, je dirais que ce comparatif est à lire sur deux axes : Canon contre Nikon et Full Frame contre APS-C, aux seconds je rétorque que je n’aurais pas pu couvrir aussi facilement le mariage de Sarah et Félix avec mon 550D, surtout en condition de lumière difficile. Lire la suite

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Comment j’ai perdu 9 mois de photos (et comment je les ai retrouvées)

 Je vous parlais dernièrement comment je me sentais à faire de l’ordre dans ma photothèque en supprimant les images inutiles. Et bien figurez-vous que j’ai du faire un peu de zèle car tout d’un coup je me suis rendu compte qu’il me manquait 9 mois de photos, ou 4546 images. Comment cela a pu se produire ? Il m’a fallu deux jours pour dénouer l’énigme (et encore plus pour réparer ma bêtise).

4546 images ont été perdues dans un formatage. Voulez-vous essayer de les localiser ?

Retour à l’été 2009, où j’emménage dans un foyer d’étudiants à Neuchâtel. J’y prends mon portable DELL et un Disque Dur Externe 3.5″ de 1To. A la maison reste mon vieux poste fixe et mes photos précédentes. Durant cette prolifique période, j’accumule des milliers de photos que je développe sur le DELL jusqu’au jour, 9 mois plus tard, où je passe sur Mac et que j’achète un autre petit disque dur externe. L’été suivant, j’embarque pour l’Australie avec mon MacBook Pro et le petit DDE. Au cours de mon voyage, j’achète d’autres périphériques afin de multiplier les sauvegardes.
Une fois de retour à la maison, les supports de sauvegarde se sont accumulés, mes photos se retrouvent éparpillées entre 3 ordinateurs et 4 Disques Durs Externes avec des doubles copies d’un côté et une méthodologie aléatoire de l’autre.

En faisant le ménage pour centraliser toutes ces images, plus de 4000 photos en format RAW manquent à l’appel, il ne reste que les aperçus sur Lightroom 2 et celles exportées en jpeg ne font que 800×533 pixels…
Alors que s’est il passé ? Voici un schéma pour tenter synthétisant ces 3 dernières années :

L’informatique 4.7 et l’accumulation des périphériques

Lors de la réorganisation de mes dossiers, les photos de 2009 ont échappé à la copie car elles étaient présentes sur le périphérique externe alors que je pensais qu’elles se trouvaient sur le portable.
Méchante erreur, c’est une semaine plus tard que je me suis rendu compte de la désintégration de tout ce compartiment de souvenirs pixelisés. Et dans l’intervalle, le DDE a été reformaté pour être compatible mac puis plus de 300GB de données réinscrites dessus. Une grosse boule dans la gorge, je ne savais pas si j’allais faire le deuil de ces inestimables souvenirs quand pyrros a répondu à mon message de désespoir :

Il existe des soft pour récupérer des données effacées, corrompues ou formatées. J’ai alors installé PhotoRec, un logiciel tournant sur Windows, Linux et MacOSX et je l’ai laissé tourné un bon moment. Après 37h, j’avais récupéré passé 25’000 miniatures en TIFF et l’intégralité de mes photos RAW… australiennes… Oui, les images que j’avais réinscrite après le malencontreux formatage. Mais sans aucune de mes anciennes images…

25 538 fichiers inutiles ont été récupérés. Voulez-vous les garder en souvenir ?

Et là je me suis rappelé qu’il y avait plusieurs « partitions » à la dénomination pas très claire dans PhotoRec. Une option pratique est  de définir l’extension recherchée, en l’occurrence ici des fichiers en .CR2, ce qui évitera de ramasser tout et n’importe quoi. (PhotoRec Etape par Etape)
Alors j’ai relancé une recherche puis je suis parti en week-end à ski (super conditions).

Au retour, comble du bonheur ! PhotoRec a retrouvé miraculeusement toutes mes images effacées ! Je ne sais pas comment il a fait, mais aucun RAW n’étaient corrompus, ils apparaissent dans l’ordre chronologique et tout y était malgré la réécriture de fichiers sur le Disque Dur. Aucune idée si le fait de formater pour mac au lieu de NTFS a joué un rôle, mais le résultat est impressionnant. Seul bémol, le nom des fichiers correspond à une suite de lettres et de chiffres.

Toutes les photos sont récupérées, mais quid du nom d’origine

Le but à présent est d’associer la photo au catalogue Lightroom afin d’y faire correspondre les métadonnées et les réglages de développement. C’est là que j’ai découvert Automator, un logiciel se trouvant d’origine sur Mac servant à automatiser un flux de travail. En l’occurrence ici, déplacer les fichiers sur un autre disque dur puis de les renommer tel que précédemment. Lightroom refusait de faire correspondre l’image au catalogue jusqu’à ce que je m’aperçoive que l’extension était en .cr2 au lieu de .CR2 ; et comme Automator buggait lors du passage en capitales, la ruse fut d’ajouter une étape avec une extension bidon genre .XYZ

Automator permet de renommer séquentiellement ses images en un tournemain.

Aujourd’hui tout est rentré dans l’ordre : mon catalogue s’étend de 2009 à 2012 sans discontinuité et j’ai un backup de secours pour me préserver d’une nouvelle mésaventure.

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Débat : garder ou supprimer ses « moins bonnes photos » ?

Cette semaine, j’ai décidé de faire le tri dans mon catalogue Lightroom.
Au cours de mon voyage aux antipodes, je me suis retrouvé avec plus d’une demi-douzaine de milliers de photos, que j’ai stocké sur mon ordinateur portable et un disque dur externe.
Quelques mois et centaines de gigaoctets plus tard, il me faut les transférer sur mon Disque Dur Externe (DDE) principal à la maison. Sauf que je sais que le transfert d’un disque à un autre est long, il m’avait fallu 2h pour transférer 150Gb lors d’une copie de sécurité (voir l’article : Comment sauvegarder ses photos en lieu sûr lors d’un (long) voyage).
Alors cette fois je décide de faire de la place avant le transfért. Lightroom a un système de notation pratique : drapeau blanc, on garde, drapeau noir, on rejette (c’est-à-dire que la photo apparait grisée mais reste dans le dossier). Bien que j’utilise cette méthode depuis longtemps, j’ai rarement supprimé les photos rejetées.

Drapeau blanc : on garde, drapeau noir : on rejette

Par soucis de vérification, je jette un oeil rapide à mes mauvaises photos.
Mais en passant une dernière fois en revue, pleins de souvenirs m’assaillent. Je repense à ce que j’ai ressenti sur place, aux conditions de prise de vue, les gens que j’ai pu croiser, le chemin arpenté pour changer de point de vue ou pourquoi j’ai 12 photos quasiment identique. Ces images ne sont peut-être pas les plus esthétiques mais elles font parties du voyage et me remémorent d’agréables moments. Alors dois-je vraiment les supprimer quitte à effacer une partie de ma mémoire avec ? Et bien sûr j’ai aussi le doute qu’une bonne image passe à la trappe. Je sais que j’ai sélectionné les images qui me plaisaient le plus lors du dernier tri, mais si, mais si j’en avais loupé une, avec le détail qui fait la différence, m’avait échappé ?
Tant pis, j’ai décidé de faire de la place, m’organiser et alléger les Disques Durs. La souris clique sur « supprimer le ficher et l’enlever de Lightroom », quelques secondes après la place est faite.

Voulez-vous vraiment vous amputer de ces souvenirs ?

Ca fait un grand vide, je suis passé de 14’279 photos à moins de 7000, soit plus de la moitié se retrouve dans le vide intersidéral entre deux bits.
Maintenant je peux faire mon transfert de catalogue sur mon périphérique de stockage principal et une double copie sur un autre disque dur externe.
Quelques heures après, les répertoires sont plus clair et d’un coup d’oeil je n’ai que de belles photos. En un instant je retrouve le paysage que je me rappèle sans avoir à farfouiner dans des centaines d’images moches, les plus belles étant déjà sous la souris. Un profane se dirait quel grand photographe je suis, pas une seule photo de floue !

Le tri est fait

Mais était-ce bien nécessaire ? La mémoire ne coûte pas cher en comparaison de l’effort que j’ai mis pour obtenir tous ces clichés, et est-ce que je n’ai pas passé plus de temps à faire le tri alors que le transfert s’est majoritairement passé de nuit, sans empiéter sur d’autres tâches ? N’est-ce pas prendre le risque de ne plus retrouver LA photo ou de s’amputer de souvenirs ?

 Je ne suis toujours pas sur d’avoir pris la bonne décision mais je sentais que j’avais besoin de faire un tri, me dire qu’il est temps de passer à autre chose et que j’ai toujours les images les plus importantes, celles que j’ai commencé à imprimer pour les accrocher au mur.

Finalement, rien ne vaut une véritable impression

Mais alors vous, êtes-vous du genre à ne rien effacer ou un ascète se libérant du superflu ?

Développement d’une photo de paysage sous Lightroom

Il y a deux semaines, je vous avais fait part de ma lecture du moment :  L’intention du Photographe – Comment donner un sens à vos images en postproductionUn ouvrage qui fait la part belle au développement numérique afin de transmettre sa vision et sa sensibilité au travers de ses images.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous montrer un exemple personnel sous forme de développement d’une de mes photos de voyage. Cet auto-portrait a été pris dans les Grampians, un magnifique parc national à 250km de Melbourne. Cette réserve attire moins de touristes d’Outre-mer que la Grande Barrière de Corail ou Uluru mais j’ai été subjugué par ses montagnes en forme de vagues recouvertes d’eucalyptus.

Après une ascension d’une heure, je me suis retrouvé au sommet du Mt Sturgeon qui fourni une superbe vue sur le Mt Abrupt et l’ensemble du parc. J’ai déplié alors mon trépied pour prendre cet auto-portrait puis j’ai assis mon courage sur cet aplomb rocheux donnant sur 12m de vide.

Voici le résultat original, exposé pour garder de la matière dans le ciel mais qui a complètement sous-exposé la partie inférieure.

La photo originale : c'est terne et moche, rien de ce que j'ai ressenti cette fameuse journée !

Heureusement, la magie du RAW et du logiciel de développement Lightroom va permettre de corriger tout ça et donner vie à la scène telle que je l’ai vécue.
En premier lieu, je l’avais processée à chaud pour la diffuser sur mon blog, un peu rapidement ma fois : la scène reste sombre, noirs bouchés et ambiance un peu oppressante. Aujourd’hui j’ai envie de donner un peu plus de couleurs à ce souvenir marquant de mon périple australien. Lire la suite

L’Intention du Photographe, ou comment donner sens à vos images en postprod’

 

Il est facile de trouver des livres et tutoriels sur la pratique de la photographie. On y trouve de tout, depuis les réglages de base pour débutants jusqu’à la maitrise de flashs déportés en passant par l’éthique du photographe de rue.

Néanmoins il y a un aspect qui m’intéresse mais qui reste bien souvent négligé : comment obtenir un rendu bien léché sur une photographie. Bien entendu il existe quelques tutoriels sur le HDR ou le croisement croisé mais il est encore rare de trouver des guides sur la retouche de portraits ou de paysages : comment y relever le sens et rendre la photographie vibrante.

Et puis je suis tombé sur L’intention du Photographe – Comment donner un sens à vos images en postproduction par David Duchemin.

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L’Intention du Photographe, un livre à consommer au goûter

Ce livre est découpé en 7 chapitres donc voici la Table des matière :

  1. La vision avant tout
  2. Vision et traitement
  3. Vision et style
  4. Expression de votre vision
  5. Apprentissage d’un langage photographique
  6. Le sens de l’expression
  7. 20 vision, 20 expressions

M. Duchemin commence par nous parler de sa vision d’artiste, de sa sensibilité de poète plutôt que de technicien et tout ce côté émotionnel qu’il donne dans ses images. Il pousse limite dans le mélo et on l’entendrait presque confesser qu’il pleure en retouchant ses portraits. Outre cette sensibilité à fleur de peau, son propos nous aiguille aussi à développer son style, à réfléchir au sens qu’on voudrait transmettre à ses images puis fait la relation avec les curseurs de développement de Lightroom qui nous permettront de posttraiter ses images avec soin et sensibilité.

Les chapitres les plus intéressants sont les deux derniers où l’on apprend à véhiculer une émotion en soulignant les élément essentiels ou relevant des détails qui toucheraient au subconscient.
A ce propos, le dernier chapitre montre le fil de développement suivi par Duchemin en partant d’un fichier RAW brut pour le développer jusqu’à lui donner son sens :

On commence par corriger l’exposition, fixer les blancs et les noirs, retoucher le contraste via la courbe ou les couleurs avec le panneau TSI puis on soigne le détail avec des filtres gradués ou l’utilisation du pinceau pour des retouches locales.
J’ai particulièrement aimé cette partie exercice : c’est varié, il y a des portraits, des scènes de vie et des paysages qui sont ainsi développés et les images brutes sont disponible au téléchargement. Exemple :

Voici l’image de ce vieil Indien à Old Dehli, David nous explique comment il a été touché par la sérénité de la scène et qu’il veut retranscrire cette atmosphère vibrante et chaleureuse, mettre en évidence le visage du vieil homme et faire subtilement ressortir la texture de ses pieds.

Fichier Raw original : c’est brut de décoffrage, gris fade moche

Après traduction de ses sensations personnelles dictées par l’intuition qui dépasse la théorie et la technique, nous obtiendrons un portrait vibrant prêt à véhiculer les émotions recelées dans cette image.

Utilisation du pinceau de retouche locale pour souligner ou masquer des détails

L’auteur ne donne évidemment pas de recette de cuisine toute faite, car chaque image est bien entendue différente et doit répondre aux impératifs de son auteur. Non, Duchemin donne des pistes et force plutôt à prendre conscience de son processus de retouche et comment être créatif au moyen des outils à disposition.

Une fois passé le prêchi-prêcha sur la sensibilité du photographe, je dirais que c’est un très bon livre qui dévoile un sujet trop rarement abordé et qui pousse à retoucher ses images avec soin afin de les mettre encore mieux en valeur.